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Etrennes, jouets

Noël dans les catalogues des grands magasins de la collection de la Bibliothèque des Arts décoratifs

  Les fêtes de Noël sont l’occasion pour la Bibliothèque des Arts décoratifs de présenter dans le hall et le cabinet de l’amateur une petite partie de son fonds de 2400 catalogues de grands magasins ou de fabricants (Galeries Lafayette, Bon Marché, Grands magasins du Louvre, La Samaritaine…): les catalogues de jouets. Depuis leur apparition au XIXe siècle, ces documents bien connus des enfants ont peu changé: feuillets légèrement liés, non destinés à être stockés mais à durer une saison. Ils retracent pourtant l’évolution singulière de la fête de Noël, tandis que les jouets qu’ils présentent racontent l’histoire de la société dont ils sont issus. Il existe dès le début du XIXe siècle des catalogues de jouets réalisés par des artisans qui sont diffusés par colportage. Avec l’avènement des grands magasins et des magasins spécialisés, comme le Nain Bleu (fondé en 1836), la possibilité d’acquérir des jouets se démocratise, ainsi que leur présentation par catalogue. Jusqu’à la fin des années 1930, les catalogues de jouets des grands magasins se confondent avec les étrennes de fin d’année (du latin strena « cadeau à titre d’heureux présage»), d’abord destinées aux enfants, puis entre adultes.


**Julie Beillevaire - Yann Onfroy**

CONTACT:  biblio@lesartsdecoratifs.fr
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Reflets de la société

  Les catalogues de jouets nous renseignent également à plus d’un titre sur les évolutions de la société, à travers leurs couvertures et les objets proposés. Le jouet est en effet un reflet fidèle de notre imaginaire, nos modes de vie, notre histoire et des progrès techniques. Les poupées et leurs accessoires, dont la France s’est fait une spécialité au XIXe siècle (Bru, Jumeau), racontent la mode comme les arts ménagers. Ainsi les jeunes filles pouvaient habiller leurs poupées selon la mode de l’époque, comme Bleuette, ou selon la mode régionale. Les ours en peluches sont nés simultanément en Allemagne et aux Etats Unis au début du XXe siècle et sont aujourd’hui accompagnés de nombreux animaux domestiques ou exotiques (chat, chien, lion, éléphant, dauphin…). Ces peluches peuvent aussi être déguisées en Père Noël ou simplement habillées comme un humain avec un foulard noué, une écharpe… Les héros issus de la bande dessinée, de la littérature, du cinéma avec les personnages de Walt Disney, et de la télévision accompagnent dès les années 30 la lecture des catalogues et se déclinent eux aussi en jouets sous forme de figurines ou de panoplies. Inversement, les jouets deviennent les sujets des aventures de livres d’enfants. Les petits soldats de plomb ou de bois, les jeux de guerre et les panoplies sont souvent des répliques de la réalité et rendent compte des conflits armés de l’époque. De même, les progrès scientifiques trouvent tout de suite leur application en jouets, notamment dans les domaines des transports (bateaux, trains, voitures, avions puis fusées) et des communications (lanterne magique, cinématographe, téléphone). A coté des matériaux simples d’autrefois, comme le bois toujours présent aujourd’hui, les jouets en matières plastiques permettent une grande diversité de représentations. Les jeux de construction (Lego, Meccano) et mécaniques sont également la manifestation des progrès technologiques. Fernand Martin fut célèbre pour ses petits automates mécaniques. Enfin, l’ère électronique a donné naissance à une catégorie de jeux qui lui est propre, les jeux vidéos et les ordinateurs pour enfants. Depuis le XIXe siècle, ces jouets sont reproduits dans ces catalogues à partir de dessins, sous des couvertures richement illustrées. Les années de guerre voient un appauvrissement des illustrations suivies par un renouveau. Ainsi, dans les années 20, de nouveaux dessinateurs imposent un style Art Déco très simplifié qui se poursuit dans les années 30. Quelques illustrations de cette période associent dessins et photographies. C’est le cas des catalogues du Printemps de 1934 et 1935). Après la Seconde Guerre Mondiale, la photographie supplante le dessin. Les couvertures illustrées autrefois, souvent par des artistes en vogue (Armand Rapeno, Maggie Salcedo, Alain Saint-Ogan ou encore Jean-Gabriel Domergue), ne le sont plus que rarement aujourd’hui

**Julie Beillevaire - Yann Onfroy**
CONTACT:  biblio@lesartsdecoratifs.fr
11 décembre 2007 - 10 février 2008 de 10h à 18h du mardi au samedi entrée gratuite
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111, rue de rivoli 75001 Paris
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